L’Épitaphe de Seikilos.
Une colonne de marbre vieille de près de deux mille ans conserve la plus ancienne chanson complète que nous connaissions : le texte, la mélodie et le rythme. Ici, elle sonne dans la démo du Score, avec ses paroles grecques liées à chaque note et la traduction en dessous.
Une chanson qui a survécu à un pot de fleurs.
-
Ier ou IIe siècle apr. J.-C.
Seikilos la fait graver
À Tralles, en Asie Mineure (aujourd’hui Aydın, en Turquie), un homme nommé Seikilos fait graver sur une petite colonne un poème, une chanson avec ses signes musicaux et une dédicace à Euterpe. C’est peut-être son épouse ; c’est peut-être la muse de la musique. Nous ne le savons pas.
-
1883
Le chemin de fer et le pot de fleurs
On la trouve pendant la construction du chemin de fer. Edward Purser, ingénieur, l’emporte chez lui et fait scier sa base pour qu’elle serve de support à un pot de fleurs de son épouse. La coupe détruit la dernière ligne, connue aujourd’hui seulement par un estampage antérieur.
-
1922
L’incendie de Smyrne
Pendant l’incendie de Smyrne, le consul des Pays-Bas la fait sortir de la ville. Elle voyage par Istanbul et Stockholm jusqu’à La Haye, où elle reste plus de quarante ans pendant qu’on la croit perdue.
-
1966 — aujourd’hui
Copenhague
Le Musée national du Danemark, à Copenhague, l’acquiert ; elle y est exposée aujourd’hui.
Tant que tu vis, brille.
Au-dessus de la chanson, la pierre parle d’elle-même : « Je suis une image de pierre. Seikilos m’a placée ici, signe durable d’un souvenir qui ne meurt pas. » Au-dessus de chaque syllabe du texte figurent les lettres de la notation vocale grecque, qui donnent la hauteur, et des signes qui disent combien de temps elle dure.
De la pierre à la partition.
arr. M. Maurano · ClaudeLe mode et l’accord
Beaucoup de transcriptions l’écrivent avec deux dièses. Ici, elle descend d’un ton et se place dans le mode phrygien grec sur ré, sans altérations. Elle sonne dans l’accord pythagoricien, celui des théoriciens grecs : des quintes pures, telles que le Keyboard les calcule.
Le rythme et la forme
En 6/8 à 72, avec reprise. À la fin du passage, la dernière noire se divise en deux croches pour que chaque syllabe ait sa note, et une dernière mesure liée conclut la pièce. Deux voix : la mélodie, comme un aulos, et un bourdon, comme une cithare.
Les paroles sur la note
Chaque syllabe grecque est liée à sa note : elle bouge avec elle, s’allume avec elle et ne se perd pas dans la reprise. La traduction court sur deux lignes sous le système. C’est ainsi que vous pouvez écrire les paroles de vos propres œuvres.
La même histoire racontée en images colorées — le train, le pot de fleurs, le voyage — et à la fin la chanson : elle sonne et les syllabes s’allument sur la colonne. À montrer en classe ou à envoyer aux élèves.